Les inconditionnels d'Elisabeth George vont être ravis: son dernier roman ne les décevra pas, il est passionnant! Dès le départ, on sait que Joel Campbell va commettre un meurtre. Le propos du livre, c'est le cheminement progressif et inévitable du jeune garçon vers la tragédie finale. C'est pour l'auteur, tenter de savoir "pourquoi" et non "comment". Les assassins ne sont pas des êtres désincarnés mais des hommes, des femmes, des enfants emportés par un destin contraire comme les feuilles mortes de l'automne dans les parcs. Joel Campbell, sa soeur et son petit frère ont été abandonnés par leur grand mère qui en avait la charge depuis l'internement de leur mère en hopital psychiatrique et la mort tragique de leur père. Ils trouvent refuge chez leur tante, célibataire et complètement désarmée devant ses neveux. En dépit de sa bonne volonté et de celle des services sociaux, elle ne pourra rien pour les guider. Joel, 12 ans, est le plus intelligent des 3 et tente tant bien que mal de proteger son petit frère handicapé mental et son ado de soeur qui plonge dans la drogue et la drague pour oublier sa vie. Mais la violence de la rue va le rattraper et l'entrainer vers l'inéluctable. Aucun échappatoire n'est possible dans le monde que décrit Elisabeth George. Constat terrible de l'auteur qui dénonce aussi les erreurs d'une société qui ne laisse aucune chance aux plus démunis.
Encore un polar nordique nous diront les esprits chagrins. Ok! mais
quel polar!! Et pourtant,à force de lire des auteurs qui vous scotchent
au fond de votre canapé,on devient difficile. Et bien, on est encore bluffé par celui là. Le lieu: la Suède encore que l'on a déja découverte
pourtant à travers les romans de Mankell, et qui continue à dérouler
ses démons, loin des clichés de cartes postales que nous présentent les
médias. Des personnages à la psychologie très finement étudiée, atypique
et forte: un journaliste économique Mikael Blomkvist, enquêteur
capable de déméler le plus embrouillé des sacs de noeuds, et une jeune
femme au passé chargé et trouble (qui ne nous sera révélé qu'à la fin
du troisième tome: parce qu'il y a trois tomes, j'ai oublié de vous
prévenir), à l'allure d'ado perturbée, géniale hackeuse, fouineuse hors
pair et, pour couronner le tout, caractérielle: c'est Lisbeth Salander.
Nos deux personnages mènent leurs investigations dans les milieux
journalistiques, politiques, économiques suédois et découvrent qu'au
nom de divers intérets privés ou autres, on nous cache des
choses...
MILLENIUM est un bijou de polar dans lequel l'auteur, Sieg
Larsson, journaliste suédois, mort à 50 ans, en 2004, déploie une
générosité enthousiaste et décomplexée très communicative.
Alaïs, fille de l'intendant Pelletier vit à Carcassonne en l'an 1209,
mais sa vie va être bouleversée par l'arrivée des croisés et la découverte d'un
secret dont elle doit à tout prix protéger la nature.
Alice vit en en 2005 et apprend la
mort d'une tante dont elle ignore tout et qui lègue tout ses biens. Elle se
retrouve alors mêlée à une histoire qui la dépasse mais dont elle est bien
décidée à comprendre le sens, et la découverte de la vérité va changer le cours
de sa vie.
Deux destins liées mais pourtant
séparés par des décennies, un secret à conserver coûte que coûte , des
personnages imprévisibles ; voilà la recette d'un livre à dévorer!
Artemis fowl de Eoin Colfer
Artemis Fowl, jeune homme diaboliquement intelligent, âgé de seulement 12 ans décide de se transformer en kidnappeur de fée. Il demande une rançon au peuple de la terre afin de redonner à sa famille sa richesse perdue.
Son plan se déroulait à la perfection jusqu'à ce que la brigade des FAR décide de tout tenter pour récupérer son capitaine Holly Short.
Les plus:
- Ce livre mèle légendes celtiques et technologies de pointe : Foaly le centaure par exemple est un génie de l'informatique.
- Malgré ses actes aussi illégaux que risqué, Artemis n'arrive pas à nous paraitre antipathique.
Artemis Fowle : Mission Polaire de Eoin
Colfer
Artemis est maintenant âgé de
13 ans et n'a rien perdu se son intelligence. Il n'a pas non plus oublié les FAR
et l'or qu'il a gagné à leur dépend, mais eux non plus ne l'on pas oublié et en
particulier le capitaine Holly Short qui suite à cette aventure s'est vue virée
du service de detection, et mutée à un poste subalterne. Mais même là, Holly va
découvrir un complot mener par le gang des gobelins... étrange quant on sait que
les gobelins sont les créatures les plus bêtes du monde sous-terrain. Ils sont
forcement dirigés par une personne dotée d'une intelligence ; et vers qui les
soupçons d'Holly vont-il se porter ? Artemis Fowl, bien sûr ... mais est-ce
vraiment le coupable ?
De son côté, Artemis à retrouvé la trace de son père disparu en Arctique
et va tout tenter pour le sauver et ira même jusqu'à demander de l'aide aux FAR
et les aidera à démanteler le complot qui éclatera dans le monde
sous-terrain.
On découvre un Artemis plus sensible et près à tout pour sauver son père
et aider ses anciens ennemis qui deviendront peut-être ses nouveaux
amis.
Artemis Fowl : Opération Opale de Eoin Colfer
Opale Koboï, la fée lutine qui avait monté le complot contre le monde
sous-terrain est sortie du coma et a réussit à s'échapper sans que
personne ne s'aperçoive de sa disparition. De plus, elle est plus que
jamais déterminée à faire payer son incarcération aux personnes qui en
sont responsables à commencer par Holly Short et le Commandent Root, à qui
elle va tendre un piège mortel et faire porter le chapeau à Holly qui va devenir
l'ennemie N° 1 de son peuple.
Elle n'a pas
d'autre solution que d'aller demander de l'aide à Artemis et Butler qui
suite à leur effacement de mémoire n'ont aucun souvenir de leurs
aventures précédentes. Ils ont donc repris leurs affaires (pas très
légales). Mais vont se faires rattraper par leur passé et vont tout faire pour
capturer Opale et l'empêcher de réveler l'existence du peuple des fées aux
habitants de la Terre.
Un
nouvel opus renversant dans lequel l'action et le suspens sont au rendez-vous à
chaque page
!
Un beau roman que cette saga familiale qui se déroule sur plus d'un siècle et dont la narratrice est la maison de la famille ZEMKA, en Galicie. Derrière sa façade blanche, elle épie ses habitants en toute indiscretion, se mèle à leur vie, attise les passions, et nous raconte leur histoire sur plusieurs générations. A travers leur destin, c'est aussi une partie de l'histoire de l'Europe que l'on découvre, des révolutions du milieu du XIXe siècle aux tensions annonciatrices de la première guerre mondiale. C'est surtout l'histoire des femmes de la famille, condamnées comme elle à l'immobilité et à attendre l'amour en scrutant l'horizon alors que les hommes, eux, luttent et vivent fiévreusement leurs passions au seuil d'un XXeme siècle annonciateur d'exodes, de cassures et d'embrasements.
Yael Koppman, dont c'est le journal, est une jeune trentenaire célibataire et talentueuse universitaire. Elle vit en "coloc" avec son
meilleur ami homosexuel, s'oppose à sa mère et est fascinée par
Angelica Garnett, filleule de l'économiste Keynes et nièce de Virginia
Woolf. Elle décide d'en écrire la biographie.
A travers la vie de son
sujet, c'est la sienne qu'elle va contempler et c'est aussi l'histoire
d'une génération, celle des 30-40 ans qui cherche un équilibre entre
profondeur, superficialité et désoeuvrement. Le constat est acide et
sans illusion mais donne lieu à un ouvrage drôle et pétillant qui est
un véritable plaisir de lecture.
Récit, mini roman ? disons plus qu’une nouvelle.
Texte concis, dense, d’une simplicité lumineuse, dans un style sobre mais non dénué de poésie.
Des bouts de vie qui s’assemblent lentement comme une sorte de puzzle avec des retours en arrière éclairant peu à peu les événements ou les séquences de vie auxquels il est fait allusion. Nous sommes presque mystifiés et les dernières pages sont une surprise.Tant de non-dits dévoilés au moment où l’on ne s’y attend pas, de secrets révélés par les narratrices - la grand-mère, celle qui souffre du mal des pierres et sa petite fille qui a reconstitué ces pans de vie. Ceci à l’aide de témoignages oraux et d’un vieux carnet retrouvé un peu par hasard.
On y sent presque physiquement le poids des traditions de la société sarde au milieu du XXe siècle, la honte d’une famille d’avoir une fille "dérangée ".
Ce personnage central, qui aime la vie, l’amour et qui après avoir attendu en vain tous les mercredis qu’on la demande en mariage est mariée, pour éviter la honte à sa famille, à un jeune veuf dont la famille a péri sous le bombardements pendant la guerre.
Et il y a aussi tous les autres personnages: Le "Rescapé" que "l’héroïne " rencontre lors de la cure sur le continent pour guérir du mal des pierres. Séjour qui changera sa vie. Son mari, gentil, prévenant, qu’elle n’aime pas mais qui fait d’elle une femme presque "normale" malgré les bizarreries qui l’affectent encore.
Et son fils, le bébé qu’elle n’attendait plus, voué entièrement à la musique. Sa belle-fille que les tantes ont prévenue du "dérangement " et des risques génétiques encourus par son mariage.
Les rêves et les affabulations de cette grand-mère hors du commun qui a eu le malheur voir appris à lire et à écrire et qui a voulu s’échapper de cette vie tracée d’avance, avec les mêmes horizons que ses aïeux.
Et aussi la famille de sa belle-fille qui a quitté sa riche famille parce que elle a été séduite par un berger.
Encore mille détails, les jardins, l’architecture traditionnelle, la vie de labeur des humbles. Une grande sensibilité dans l’écriture et des sentiments : dignité, orgueil, valeurs si fortes dans cette société immuable mais où certains signes annoncent les changements, le progrès si on veut.
Une "atmosphère" qui traverse tout le livre, tendresse, amour de la vie, des êtres, compréhension, beauté, à la fois tolérance et intolérance liées à l’époque, où la transgression n’est pas de mise.
Cette histoire est inscrite dans l’Histoire, évocation de ces exilés insulaires, ces émigrés de l’intérieur qui quittent leur région parce que la terre ne nourrit plus tous les enfants, les migrations vers ces grandes métropoles du Nord qui offrent du travail, le déracinement. Mais la narratrice ne s’appesantit jamais, elle dit, c’est à nous de saisir ces petites touches. Ainsi à petits pas on avance et on arrive à recoudre ces morceaux, une vérité apparaît constituée de toutes les vérités. La lecture de ce récit, petit joyau à partager, est un réel bonheur, un plaisir rare.
Traduit de l’italien ; édit. Liana Levy ; 124 pages ; avril 2007
Très intéressant et dépaysant. Un voyage dans des contrés reculées de
cette region d'Asie comprenant Bouthan, Tibet, Inde du nord. Un voyage
intérieur aussi. De la joie et des souffrances. Une vie de femme qui se
déroule depuis l'enfance jusqu'à la mort: la notion de karma est bien
expliquée. Croyances, rites qui nous semblent des superstitions d'un
autre age et pourtant comment ne pas être fasciné par cette
spiritualité du bouddhisme tibétain. Des lamas ne cessant de prier, de
chercher, qui attirent des foules de fervents, de disciples, n'hésitant
pas à faire de longs voyages pour des retraites dans de lointains
monastères. Une vie grouillante, beaucoup de pauvres, mais ils
partagent souvent le peu qu'ils ont.
L'héroine, Tsomo, quitte son village
après beaucoup de souffrances et essaie de trouver sa voie. Ce sera
long, sa rencontre avec le lama Rinpotche lui permet d'avancer dans sa
reflexion. Elle réussit avec une énergie exceptionnelle et une volonté
de fer, bien qu'ayant des doutes, à surmonter non sans souffrances, des
situations extrèmes. Une leçon de vie. Et de quoi entamer une longue
reflexion aussi.
C'est la rencontre improbable de quatre personnages (un chirurgien veuf et sa maîtresse, un ancien du Vietnam bien allumé et un mormon qui organise des raftings sur le Colorado). Ces quatres "héros écologistes" vont se découvrir une passion commune - la défense de l'ouest américain contre l'envahissement inéluctable de "la technologie" -.
Pour lutter contre ce système, qui défigure et détruit la nature, ils organisent des opérations de sabotages...
Evidemment ce n'est pas qu'un combat contre le progrès; c'est le sens même de ce progrès qui est interrogé au travers de l'odyssée tragi-comique de nos quatre héros...
Ce "polar écologique" écrit voici plus de trente ans reste à ce jour d'une actualité certaine. C'est un livre culte, subversif, dans le sens où il éveille la conscience du lecteur... L'auteur, Edward Abbey (1927-1989) est sans contexte le plus célèbre des écrivains de l'ouest américain. Il a été retraduit pour cette nouvelle édition française par l'éditeur Oliver Gallmeister qui se propose de défendre une véritable littérature, à la fois proche de la nature et sensible à l'écologie. Bravo!
C'est le second roman de DUONG THU-HUONG édité par Sabine Wespieser, le premier étant TERRE DES OUBLIS qui vient de recevoir le prix littéraire des lectrices de ELLE. J'avais beaucoup aimé aussi MYOSOTIS en poche chez Philippe Picquier. Cette fois encore, c'est une peinture très réaliste et très sensible du Vietnam d'après la guerre. Les héroines sont deux jeunes filles:BE 12 ans et sa meilleure amie. BE, qui vit avec sa mère, est victime a l'école, d'une injustice qui la prive de tout espoir de continuer ses chères études. Révoltée, elle décide avec son amie, de rejoindre son père, soldat en garnison à la frontière nord. C'est un véritable périple initiatique et un très beau voyage à travers le pays que vont vivre les deux jeunes filles, à la rencontre de personages tous plus attachants les uns que les autres.