A la fois plein d’humour et pathétique. Le narrateur, Desmond a des problèmes d’ouïe, en fait il devient de plus en plus sourd ce qui entraîne parfois des situations qu’il n’a pas souhaitées. Cocasse quand il parle de ses oreillettes, perdues ou dont les piles sont à plat ou encore qui font résonner les bruits de manière insupportable quand il est dans un environnement où de nombreuses personnes discutent (genre réceptions, vernissages, repas avec plusieurs convives…). Donc il doit s’adapter à cet état de fait ; ce n’est guère facile pour lui, pour sûr, pas facile non plus pour son entourage. Souvent il comprend de travers, n’entendant que des bouts de phrases, et il interprète ce qu’il a entendu partiellement, ou il répète "Quoi ? quoi ?" et le ton monte. Jusqu’à des situations insupportables, si imprévues. De plus il est jeune retraité de l’université et s’ennuie à la maison : plus beaucoup de contacts, de coups de fil…on ne s’intéresse plus vraiment à lui dans ce monde-là et il ne réussit pas bien à s’occuper. Il doit assurer le quotidien, courses, repas, ce qui ne le passionne pas, parce que sa femme a ouvert récemment une boutique de déco avec une copine et c’est le succès , ça marche bien, elle réalise une sorte d’ascension sociale dont Desmond se sent un peu exclu.
Il rencontre, lors d’un vernissage, une étudiante préparant une thèse. Celle-ci lui demande un coup de main pour sa thèse et lui fixe un rendez-vous. Dans le brouhaha, il a mal entendu, il avait trop bu aussi et il se retrouve dans une situation inconfortable quand après cette soirée Alex, la jeune femme le drague. Il est émoustillé mais refuse d’aller au bout, par peur, lâcheté ou sens moral dirons-nous. Et cette histoire a des conséquences assez particulières sur sa vie de routine. Il a aussi un vieux père vivant seul à Londres, qui refuse de quitter sa maison pour aller dans une maison de retraite plus près de la ville où habite Desmond et sa femme Fred. Il en a un peu marre de ses visites régulières pour répéter toujours la même chose à son entêté de père qui ne veut rien entendre, dont les problèmes liés au vieillissement s’aggravent rapidement. Terribles pages sur les soins dans un hôpital qui est loin d’être un havre de bonheur malgré le dévouement du personnel.
Desmond doit aussi remplacer au pied levé un professeur qui devait faire des conférences en Pologne et qui vient d’avoir un accident à ski. Il accepte, après de nombreuses hésitations liées à sa "malentendance". Tout se passe à peu près bien mais sa visite très rapide à Auschwitz le met dans un état épouvantable, à cause de l’horreur.
A son retour il apprend qu’il a un petit-fils et que son père est dans un état grave. La vie, la mort. Confronté à des choix difficiles, sa femme lui est d’un précieux secours. Il lui raconte même comment sa première épouse est morte d’un cancer incurable.
Ce livre léger au début, avec un zeste d’humour érotique est d’une tonalité plus grave à la fin et donne matière à réfléchir sur les grandes questions qui se posent à lui : le vieillissement, la diminution de ses facultés, la mort…
J’ai bien aimé.
p.24 [les yeux sont les fenêtres de l’âme, ils expriment des sentiments, ils se présentent dans des teintes et des couleurs subtiles, séduisantes, ils débordent de larmes, ils brillent, luisent et pétillent. Les oreilles, eh bien, ce sont plutôt des choses qui ont un drôle d’aspect, surtout quand elles sont écartées, des paquets de nerfs et de peau qui sécrètent du cérumen, produisent des touffes de poils, pas étonnant que les femmes accrochent des boucles d’oreilles à leurs lobes, les hommes aussi bien sûr dans certaines sociétés et à certaines époques, pour distraire l’œil de ce trou poilu qui mène tout droit à votre cerveau. En fait quelle autre fonction a le lobe de l’oreille ?]
p.24 [Les prophètes et les voyants sont parfois aveugles- Tirésias par exemple- mais jamais sourds. Imaginez-vous en train de poser votre question à la Sibylle et recevant pour toute réponse un "Quoi ? Quoi ?" irascible.]
"Un roman qui se lit comme on regarde un film de Claude Sautet, avec nostalgie et tendresse" (Psychologie magazine)
Dans ce roman qui fait suite à "Anatomie d'un crime", Elizabeth George déploie une fois de plus son art consommé du suspens et tisse une intrigue d'une incroyable densité, multipliant fausses pistes et faux coupables. Et nous retrouvons avec un immense plaisir le duo Linley-Barbara Havers.
Comme toujours chez Nuala O'Faolain, ce sont des histoires de femmes irlandaises qui sont au coeur de son récit. Rosie, la cinquantaine venue, abandonne une vie de liberté et de voyages pour revenir en Irlande, pays de ses racines, dans la banlieue populaire où elle a passé sa jeunesse mais dont elle a fui la mentalité étriquée. Elle se doit de prendre en charge sa tante qui l'a élevée et qui, à présent devenue une vieille dame, prend un peu trop souvent le chemin des pubs. Pour occuper son temps, elle a l'idée d'entamer la rédaction d'un petit livre de maximes sur le thème "entrer dans la cinquantaine avec philosophie". Elle se rend à New York proposer son texte à un de ses amis éditeur. C'est alors qu'elle a la surprise de voir débarquer sa vieille tante, échappée de sa maison de retraite irlandaise, bien décidée à vivre la frénésie cosmopolite new yorkaise dont elle rêve depuis toujours. S'en suit un récit bouillonnant d'énergie mettant en scène des personnages farfelus ou désespérés. Rosie entrecroise souvenirs d'enfance et réflexions sur son passé, sa famille, ses voyages, ses amants. La solitude qu' elle va s'imposer dans une petite maison sur la cote irlandaise balayée par les vents, lui permet de faire face avec lucidité à l'abandon de sa jeunesse. Roman autobiographique peut-être, (Nuala a toujours avoué se raconter mieux dans ses romans que dans ses écrits autobiographiques) tendre et émouvant récit d'une vie de femme en tout cas. Nuala est morte ce printemps, emportée par un cancer, à 68 ans.
Delphine M a créé sa propre entreprise, l'agence "Pour vous". Moyennant finances, elle se plie aux besoins quels qu'ils soient de ceux et celles qui sollicitent son aide: promener un vieillard, faire l'amour avec un divorcé, sauver un autiste etc... Pourtant, un jour, une faille: Adorno, un de ses clients, mort du sida un an auparavant et son amant Jones, dont elle fait la connaissance et qui fait remonter chez Delphine un souvenir qu'elle croyait enfouit.
Dubois dresse le portrait d'une famille en pleine crise et analyse la part d'égoïsme, de souffrances de chacun de ses membres. A travers ce roman, il laisse une porte ouverte en faveur d'une valeur fondamentale: la famille.
Non! ne fuyez pas, ceci est un roman, magnifique voyage au plus profond de l'âme humaine auquel nous invite Irvin YALOM, l'un des plus grands spécialistes contemporains de thérapie de groupe.
A 36 ans, Jack pêche la truite et la cuisine, débite du bois, prend des photos et joue aux échecs. Présentement, il arrache (de façon tout à fait illégale) son ami Tristan aux urgences psychiatriques et apprend que la soeur de celui-ci, Monica, son ancienne compagne, est à nouveau enceinte, ce qui fait ressurgir en lui un souvenir douloureux: le crash du petit avion qu'il pilotait et qui a provoqué il y a quelques années la perte de l'enfant que Monica attendait de lui.
Elena, jeune roumaine de Bessarabie, rencontre en 1958 un homme dont elle va tomber passionnément amoureuse, mais il est juif et ses parents s'opposent au mariage. Elena va l'épouser malgré eux et le jeune couple quitte la Roumanie et émigre aux Etats-Unis où ils vont prendre la nationalité américaine. Elle se fait appeler Helen, et
Si notre belle société de consommation vous "gonfle", si un bon roman, pour vous, ne passe pas nécessairement par une histoire d'amour, baignant dans une atmosphère de sensualité torride, si vous avez besoin de dépaysement, d'authenticité, et, si, enfin, vous aimez la nature et les aventures humaines, alors précipitez-vous sur "le totem du loup", magnifique et fascinant récit initiatique d'un étudiant chinois "jeune instruit", envoyé avec ses camarades par le petit père des peuples et sa clique, apprendre, au contact des tribus mongoles, comment survivre. Des hordes de loups règnent encore sur la steppe. Les cavaliers mongols nomades, héritiers de Gengis Khan, craignent et vénèrent cet animal qu'ils ont choisi comme emblème. Le contact avec cette culture sur le point de disparaitre, va transformer le jeune chinois. Et nous ressortons nous aussi, bouleversés et émerveillés par la rencontre avec ce peuple, son histoire, sa culture, son mode de vie aujourd'hui disparu, au sein d'une nature sauvage et cruelle.